Approche méthodologie pour créer un itinéraire et rendre plus attractives les mobilités douces.
- gimatd0
- 28 déc. 2025
- 4 min de lecture
La création et la structuration d’un itinéraire pédestre en France métropolitaine
En France métropolitaine, la création d’un chemin ou d’un sentier officiel relève d’un processus structuré. Un itinéraire ne naît pas spontanément : il est pensé, analysé, aménagé, organisé, puis progressivement « mis en tourisme ».
Cette démarche s’inscrit dans une logique d’aménagement du territoire visant à renforcer les connexions entre les espaces, à valoriser les patrimoines, à diffuser les flux et à encourager les pratiques de mobilités douces.
Les itinéraires constituent de véritables outils de mise en réseau des territoires. Lorsqu’ils sont conçus de manière cohérente et qualitative, ils favorisent les déplacements non motorisés, renforcent l’attractivité touristique et participent à la construction d’une identité territoriale. Pour être attractifs et durables, ces itinéraires doivent présenter un intérêt ludique, économique et culturel, tout en étant structurés comme une véritable offre touristique.
L’association raisonnée du maillage existant de sentiers à un patrimoine reconnu (qu’il soit culturel, bâti, paysager, géologique ou naturel) permet non seulement d’inciter aux mobilités douces, mais également de créer un territoire dynamique, propice à l’itinérance et au développement de séjours de moyenne ou longue durée.
Voici les différentes étapes proposées pour ce type de projets :
Étape 1 : Etat des lieux et diagnostic du maillage existant
La première étape consiste à réaliser un diagnostic approfondi de la gourvernance en place en termes de création et de gestion d'itinéraires ainsi que du réseau d’itinéraires existants sur la zone géographique étudiée en différencient bien les tracés officiels et/ou officieux. Cette phase permet d’identifier le potentiel du territoire et d’en comprendre les dynamiques actuelles. La présence d'itinéraires labellisés tels que de Grande Randonnée (GR) et d'évènements thématiques, constituent un indicateur fort d’un potentiel reconnu.
Plusieurs acteurs institutionnels et associatifs jouent un rôle clé dans cette phase de diagnostic, notamment le Conseil Départemental des Espaces, Sites et Itinéraires (CDESI), la Fédération Française de la Randonnée Pédestre (FFRP), le Club Vosgien, la Fédération Française de Cyclisme (FFC) et autres clubs, les accompagnateurs de randonnée pédestre qualifiés, les parcs nationaux et régionaux, ou encore les structures intercommunales.
Les données collectées permettent de produire une vision d’ensemble des acteurs et circuits présents sur la zone d’étude, mettant en évidence sur une carte :
les itinéraires existants inscrits ou non au PDIPR (GR, sentiers thématiques, boucles locales),
le plan cadastral afin d’identifier les parcelles traversées et le statut juridique des cheminements,
les sites remarquables et les patrimoines à fort intérêt touristique (petit patrimoine, points de vue, sites archéologiques, éléments géologiques, zones humides, plans d’eau, etc.),
les équipements connexes existants (aires de repos, tables de pique-nique, toilettes, stationnements).
Ce diagnostic constitue une base indispensable à la réflexion stratégique et à la pré-sélection des itinéraires à valoriser.
Étape 2 : Présélection des itinéraires et analyse technique de terrain
À partir du diagnostic, une phase de présélection des itinéraires est engagée. Cette sélection repose sur des critères précis permettant une première comparaison entre les différents tracés potentiels. Une matrice d’analyse co-élaborée permet d’évaluer les itinéraires selon plusieurs critères, tels que :
la localisation,
la topographie,
le linéaire (distance),
la diversité et la qualité des points d’intérêts touristiques,
la cohérence avec le maillage existant.
Les itinéraires présélectionnés sont ensuite présentés et discutés lors d’une réunion avec les acteurs locaux (collectivités, gestionnaires, associations), dans l’objectif de débattre collectivement et de valider les tracés à étudier de manière plus approfondie.
L’étude de terrain a pour objectif d’évaluer précisément les potentialités réelles de chaque itinéraire présélectionné. Elle repose sur une observation fine et méthodique des tracés.
Outils mobilisés :
cartes IGN au 1:25 000
applications mobiles de randonnée
appareil photo,
Munis de ces outils, une analyse détaillée est réalisée sur le terrain afin de compléter la matrice d’évaluation avec les éléments suivants :
profils topographiques et niveaux de difficulté,
état et cohérence de la signalétique existante,
qualité et diversité des paysages traversés,
descriptions qualitatives des itinéraires,
relevé GPS précis du tracé et des points d’intérêts à valoriser,
identification des emplacements stratégiques pour le jalonnement,
analyse du niveau de sécurité (échelle de 1 à 5),
typologie des revêtements rencontrés.
La matrice ainsi complétée devient un outil d’aide à la décision pour la sélection finale des itinéraires à aménager et à valoriser.
Étape 3 : Élaboration d’une stratégie d’entretien et de mise en tourisme
Une fois les itinéraires sélectionnés, leur réussite repose sur la mise en œuvre d’une stratégie globale intégrant à la fois l’entretien des cheminements et leur mise en tourisme. Aussi, dans une logique de pérennisation, les itinéraires retenus ont aussi vocation à être inscrits au PDIPR, le cas échéant, une procédure d’homologation auprès de la FFRP.
Stratégie d’entretien et de gestion
L’entretien doit être anticipé dès la phase de conception d'un tel projet afin de garantir la sécurité, la qualité et la durabilité des itinéraires. Il repose sur :
l'identification des acteurs en charge de la gestion,
l’élaboration d’un plan d’entretien pluriannuel avec la budgétisation et programmation des interventions (débroussaillage, balisage, sécurisation, contrôle des ouvrages),
la mise en place d’un dispositif de suivi et de signalement des dysfonctionnements.
Mise en tourisme et valorisation
La mise en tourisme vise à transformer l’itinéraire en une offre structurée et attractive. Elle repose sur :
la définition d’un fil conducteur thématique,
la mise en récit du territoire,
la hiérarchisation des points d’intérêt,
la création de connexions avec d’autres itinéraires,
l’adaptation de l’offre à différents publics.
Des aménagements légers et respectueux du milieu peuvent être intégrés : signalétique, mobilier, aires d’accueil, outils numériques (QR codes, audioguides, applications).
Communication et promotion
Enfin, une stratégie de communication permet d’assurer la visibilité des itinéraires et d'essayer d'influencer des comportements adaptés :
supports cartographiques et topoguides,
intégration dans les outils des offices de tourisme,
référencement sur les plateformes numériques telles que Outdooractive, Komoot, Visorando, Alltrails, etc.
actions de promotion et événements. (Des territoires font appel à des influenceurs spécialisés ou créent des évènements spécifiques tels que des festivals de randonnée.)
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Je vous invite à également échanger avec des membres du Wold Trails Network pour découvrir comment d'autres pays approchent l'univers des itinéraires et sentiers.







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